« Nous avions une situation de danger avant la crise. Maintenant nous avons un risque majeur. Nous serons en situation difficile jusque 2030. Il nous manque un mois de financement par an ».
Présidente de la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV), Danièle Karniewicz ne pouvait pas mieux planter le décor de cette première table ronde.
Par quels leviers réformer ? L’allongement de la durée de cotisation ? Le report de l’âge légal ? Et quid des sources de financement ?
Un consensus large s’est établi sur la nécessité d’agir vite sur l’âge légal de départ à la retraite et(ou) le nombre d’annuités. « Ces leviers paramétriques doivent se mettre en place le plus rapidement possible : dès l’année prochaine », souligne le sénateur Dominique Leclerc (Indre-et-Loire). Pour lui, « au-delà des institutionnels, nos concitoyens sont conscients. Ils ont intégré cette obligation d’augmenter l’âge légal ou la durée de cotisation ».
Reste que pour Danièle Karniewicz, « si nous ne trouvons pas ces sources de financement, cela ne suffira pas et il y aura une baisse des pensions ».
Alors, augmenter les cotisations ? Jean-François Pilliard, du MEDEF, n’y est pas favorable. « Pour financer les retraites (et la protection sociale) il faut de la croissance. Et pour aller chercher cette croissance il faut être compétitif avec un marché du travail réactif et souple et un coût du travail compétitif. Ce n’est pas un dogme mais une réalité incontournable », insiste le représentant du MEDEF pour qui « il faut être volontaire sur l’âge. Et apporter des formes d’épargne individuelle et collective ».
Pour Pierre Méhaignerie, président de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée, la solution est peut être de « prendre sur une réforme fiscale et de se questionner sur l’efficience des dépenses sociales »…